La haine conduit souvent l’amour au tombeau ! Par Jean Willer Marius

Haïti Renaîtra!

  • La haine conduit souvent l’amour au tombeau!
  • Par Jean Willer Marius, Aspirant Ministre du Bonheur des Haïtiens

Du tumultueux règne de Ponce Pilate long d’une décennie (26-36 A.P.J.C), l’on aura retenu comme fait crucial : la crucifixion de Jésus. Une image très parlante du triomphe de l’injustice, où l’épée romaine, mue sous l’impulsion d’un empereur fou avait transpercé le flan de Jésus, assassinant ainsi celui qui a dédié sa vie à défendre la veuve et l’orphelin, celui qu’on appelle, non sans poésie, l’avocat des causes perdues. Kidnappé à l’heure du souper, par les agents du système en place, dans le jardin des Oliviers où il était venu se recueillir avec ses amis et faire le point, instruisant Pierre sur l’issue certaine d’un combat à armes inégales, il a été conduit çà et là le temps de trouver un chef d’accusation plausible. Flagellé, largué par ses plus fidèles disciples, il a connu ce sentiment de délaissement à l‘approche du malheur. Pilate s’est pris à travers les mailles du filet social en essayant par la ruse et non par la justice d’inverser la prophétie onirique de sa bien-aimée Claudia qui lui affirmait l’innocence de cet homme pieux dont le seul crime a été de prêcher la convivialité entre frères humains.

L’erreur de Pilate a été de miser sur la foule pour choisir entre l’amour personnifié en Jésus et la haine incarnée que représentait Barrabas et naturellement, le peuple, sous l’impulsion de docteurs de la loi véreux, avait choisi sweet mimi, malgré le rêve de madame la professeure de faire régner un état de droit en Haïti, préalable à tout projet de société digne de ce nom. Ébahi, Pilate s’est lavé les mains et a abandonné le peuple à son funeste destin. Non, Pilate, la justice et la finauderie sont diamétralement opposés dans le cercle du bonheur, il fallait opter pour le bien et le juste même si votre trône en dépendait, même si à Rome on vous demandait de vous démerder pour en finir avec cette folie du triomphe de la fraternité. Croyant rectifier l’erreur de Pilate, Apredye n’a même pas essayé de sauver Maitre Dorval dont le corps dans la poussière a été réclamé par, parait-il, madame sa femme.

Après la relaxe de Barrabas, alors que la haine a été occupée à conduire l’amour au tombeau, ce dernier a dévasté leurs maisons, voler leurs biens. Bref il a dilapidé leurs trésors, leur fonds petro caribe.

Les hommes de bien en Haïti avait clairement vu dans le règne de ti simone, s’amonceler sur Haïti de gros nuages sombres, présage de malheurs certains. Ils avaient détourné les regards, lavé leurs mains au lieu de prendre position pour la justice, au lieu de pousser un cri, au nom de la morale, contre le conseil électoral d’Opont, contre le président d’alors qui agissait, tel Pilate et qui devrait aujourd’hui, répondre de son forfait, si la mort n’eut prévalu.

Maintenant que le loup a pénétré dans l’enclos, il fait ce qu’il sait faire de mieux : il dévore le troupeau. On ne saurait s’attendre que le scorpion n’utilise son dard, puisque c’est dans sa nature.

Le kidnapping des religieux de tout bord en Haïti actuellement répond à cette loi immuable dictée par Jésus : on récoltera ce qu’on aura semé. Votre réticence à prendre position pour le bien, sous le fallacieux prétexte d’apolitisme vous place inéluctablement en défenseur du mal, la neutralité s’est pervertie depuis que les anges neutres avaient été chassés du ciel. Maintenant que des ressortissants français avaient été, eux aussi, kidnappés par Jovenel car, incapable de garantir la sécurité des citoyens dont il devrait avoir la charge, le core group va sortir ses griffes acérées pour condamner et demander que les religieuses soient élargies au plus vite. Les Haïtiennes kidnappées, violées, humiliées, brulées et filmées étant moins humaines à leurs yeux.

Depuis dix ans que cela dure, dix ans au cours desquels Haïti a connu l’enfer, maudite période qui a vu s’étioler tout ce qu’on avait de plus beau, de plus pur, même notre démocratie est en péril. L’amour sous toutes ses formes est kidnappé et conduit au tombeau sous l’impulsion d’un maitre plus haut placé, Lucifer, qui a obligé Jovenel a affiché le visage d’un zombi lors de l’épisode de noyade en eaux boueux, démenti par les éhontés du palais.

Et s’il faut que cela cesse. Que le loup soit finalement chassé de la bergerie. Si, c’est pour que reverdissent les monts et coteaux d’Haïti, et de faire luire un peu de bonheur dans l’âme haïtienne endolorie. Je dialoguerais volontiers avec les lieutenants de Satan.


Cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, édition du 14 avril 2021 VOL. LI, No. 15 New York, et se trouve en P.4 à : http://haiti-observateur.info/wp-content/uploads/2021/04/h-o-14-avril-2021.pdf