LE MAJOR REBU [ou] les Armes de la République

SUR LA ROUTE DU CINÉMA par Dan Albertini

  • LE MAJOR REBU [ou] les Armes de la République
  • Une histoire tirée des archives de l’Armée régulière haïtienne des années 80’

Quand l’armée régulière du pays a perdu ses armoiries pour une politique de curé de basse-cour, jamais le citoyen n’aurait pensé recourir à la force de la discipline pour se redresser du pavé mal lavé hérité du vicaire de théologie de libération importée, devenu président. Prêtre communiste défroqué, ce président avait importé aussi la thèse et l’antithèse au besoin. Un uniforme d’officier avait pris aussi rendez-vous avec l’histoire. C’est le major Himmler Rebu des années huitante. La politique ne lui sciait pas, c’est de là la longue bataille de la discipline apprise au sein de l’armée régulière. Le parcours du combattant allait porter fruit pour cet enfant-officier de la République de Vertières, la discipline est d’ordre. C’est l’histoire récente de colonel Rebu. Le narrateur est idéel, mais détaille pour une fois l’histoire par le prologue.

Mutation

La transformation politique de l’épilogue dans cette république qui a fait outrage au Code noir étonnera l’observateur. Mais le nom de la besogne reste et demeure le patronyme de tout citoyen. Le major Rebu est devenu colonel, d’où son nom : colo. Le narrateur ne l’a pas eu en haute estime. Il l’a souvent traité non sans raison, de tentative de coup d’État. C’est dans ce contexte que se déroule la scène étalée sur le grand écran de HAOLLYWOOD. Le Major Rebu est un film d’action politique qui se déroule dans les rues avec ce que le prêtre communiste appelait les diplomates du béton. Le colonel Cazeau, cazou de son sobriquet, est un homme malade, un ancien compagnon d’armes du colonel Rebu, il ne parle plus. Le sergent JR Gentil était l’artiste du camp d’entrainement du Corps des Léopards, il est devenu aveugle et ne peint plus. Il aime à raconter l’histoire de bœuf, celui qui avait réussi dans son audace à mettre le dos du président dictateur au sol, dans le donjon du gymnase.


Le rêve gâché d’une élection  

Les regrets ne s’effacent guère quand on est du métier tandis qu’il faut recommencer. Dans la diplomatie, et dans la haute fonction publique haïtienne, on parle d’agir afin de sauver les meubles en attendant le départ inévitable du président psychotique d’après l’expert Dr J Des Rosiers. L’homme voulait devenir politicien président tandis que la République lui réclame d’être un colonel président. Depuis l’affaire des faux bulletins, tout le monde savait déjà que les jours d’épilogue étaient dans l’air. Ce dont on ignorait par contre, c’est que le major Rebu connu à titre d’officier administrateur, d’avocat en cour martiale, du métier des armes, savait être un tempéré de l’après-guerre. La république est en guerre contre elle-même et contre tous les vices de l’étranger adopté. Fini la péroraison, le prêchi-prêcha de prébende.

Le colonel est désormais retenu dans l’histoire comme celui au standard rehaussé qui sait sortir du fort, comme dans un examen du Bac en trois heures avec copie originale. Le drame se joue dans sa tête cependant : est-il le major qui commande les troupes ou le colonel qui reste au bureau ? Sa réponse est : «pas le doute encore moins le confort dans l’indifférence».

Le narrateur soutient avoir entendu la voix des îles qui le guide vers la voie de la destinée du peuple mystérieux, dans un pays où le monde de l’imaginaire fait loi : «il faut sortir du fort». Gageons sur le contenu de dissertation historique de l’année septante au Bac-I, II, cela arrive toujours en prémonition chez le récipiendaire. Je me porte donc là, en critique fictive.

Merci d’y croire !


cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, édition du 9 octobre 2019 Vol. XXXXIX no.40, et se trouve en P.8 à : http://haiti-observateur.info/wp-content/uploads/2019/10/H-O-9-octob-2019.pdf